ⓘ Rue Jean-Pierre-Moustier

                                     

ⓘ Rue Jean-Pierre-Moustier

La rue Jean-Pierre-Moustier est une voie marseillaise située dans le quartier Noailles. Elle va de la rue de Rome à la rue d’Aubagne.

                                     

1. Origine du nom

En 1666 Louis XIV ordonne l’agrandissement de Marseille. Les remparts du Moyen Âge sont détruits. En 1698 le bureau de l’agrandissement projette le percement de trois calades afin de desservir les nouveaux quartiers de la colline de Fongate. La rue Jean-Pierre-Moustier est la première des trois à être réalisée. Dabord simplement nommée "La Calade" elle devient "Petite Calade" ou "Première Calade" après la réalisation des deux autres.

En 1857, les trois calades reçoivent les noms de trois échevins qui se sont distingués pendant la peste de 1720: Jean-Pierre Moustier, Jean-Baptiste Estelle, et Balthasar Dieudé.

                                     

2. Historique

Dans lagrandissement les nouveaux quartiers de la rue Paradis et de la rue de Rome se développent selon un plan en échiquier. Les trois calades font partie de cet ensemble, et leurs tracés en prolongent les axes est-ouest. En 1694 le nouveau rempart est achevé, mais le percement des calades n’est réalisé que plus tardivement du fait dun terrain accidenté en pente abrupte décourageant toute spéculation foncière.

C’est seulement en 1730 que le conseil municipal approuve la demande faite par les propriétaires de la rue de Rome et par les Pères trinitaires de la Rédemption des Captifs concernant louverture dune rue facilitant laccès à léglise de La Trinité.

À la Révolution le couvent et léglise des Trinitaires, construits à partir de 1688 sur des terrains situés entre les actuelles rues Jean-Pierre-Moustier, dAubagne, Jean-Baptiste-Estelle et de La Palud, deviennent biens nationaux. Lensemble est mis en vente en 1792 et démoli en 1794. Sur cet emplacement sont ensuite construits la nouvelle église de La Trinité-La Palud et le domaine Ventre, du nom dun négociant qui achète une partie des terrains à partir de 1828. Cet ensemble d’entrepôts est desservi par trois passages sous immeubles dont un au niveau du n o 14 de la rue.

La rue s’élargit au sommet de la pente entre la rue de l’Arc et la rue d’Aubagne en une petite place triangulaire. En 1803 le préfet du département des Bouches-du-Rhône, Charles Delacroix, y fait ériger un monument dédié à Homère. Sur une colonne de granit d’ordre ionique provenant de l’atrium de l’abbaye Saint-Victor est posé un buste d’Homère, oeuvre du sculpteur Étienne Dantoine. Le piédestal porte linscription "Les descendants des Phocéens à Homère". Le pittoresque de cette place, dont la fontaine, le lavoir et le platane ont aujourd’hui disparus, est décrit par Horace Bertin en 1876 dans son ouvrage "Marseille intime" ː

Cette place proche du lieu de l’effondrement de trois immeubles rue dAubagne, le 5 novembre 2018, reçoit en novembre 2019 le nom de "Place du 5-Novembre" lors d’une semaine d’hommage aux victimes du drame.

Au n o 8 de la rue une plaque commémorative rappelle le souvenir du docteur François Marcellin et du pharmacien Charles Lavire morts lors du bombardement du 27 mai 1944.