ⓘ Rue Henri-Heine

                                     

ⓘ Rue Henri-Heine

Cette rue, large de 12 mètres et longue de 285 mètres, donne sur cinq voies:

  • la rue du Docteur-Blanche au n o 49 à sa fin.
  • la rue Jasmin ;
  • la rue de la Source ;
  • lavenue Mozart au n o 96 à son début ;
  • la rue René-Bazin au n o 24 ;

Elle est en sens unique pour la circulation automobile de son début à sa fin.

La rue est accessible par la station de métro Jasmin située en bas de la rue de lYvette de la ligne 9 du métro de Paris, ainsi que par les lignes 32 et PC1 à larrêt Raffet et par la ligne 22 à larrêt Jasmin du réseau de bus RATP.

                                     

1. Origine du nom

Elle porte le nom du littérateur allemand Henri Heine 1797-1856, cousin germain des propriétaires, Michel Heine et son fils Georges Heine, tous deux futurs régents de la Banque de France.

                                     

2. Historique

MM. Heine, banquiers, demandèrent en 1883 lautorisation détablir sur leurs terrains et à leurs frais une rue de 12 mètres de largeur, allant de lavenue Mozart à la rue des Fontis.

Elle fut ouverte et classée dans la voirie parisienne par décret du 19 juin 1884, mais elle fut arrêtée à hauteur de la rue de la Cure.

Un décret du 11 mars 1886 donna à cette rue le nom de "rue Henri-Heine".

La rue fut prolongée par un décret du 19 mai 1909 jusquà la rue du Docteur-Blanche. Elle ne comportait quune seule maison en 1910.

Sous loccupation allemande, les autorités doccupation, qui nappréciaient pas le nom judaïque du poète allemand dailleurs converti au protestantisme, transformèrent, par un arrêté du 26 novembre 1942, le nom de la "rue Henri-Heine" par celui de "rue Jean-Sébastien-Bach".

La rue reprit son nom par un arrêté du 7 juillet 1945.

                                     

3. Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Dans la rue se situent plusieurs maisons ou bâtiments remarquables pour leur architecture et leur homogénéité, témoignages artistiques des années 1920.

Elle possède aux n os 8-14 à langle de la rue Jasmin, côté pair un ancien central téléphonique parisien ; la parcelle appartient à une société civile immobilière détenue par l’ancien vice-président syrien Rifaat el-Assad, oncle du président Bachar el-Assad, et brouillé avec celui-ci.

Limmeuble situé au n o 12 a été construit en 1926 par larchitecte Hector Guimard. A confirmer

Au n o 18, limmeuble Guimard, construit également par Hector Guimard en 1926 et non signé, représente une de ses dernières expressions de lArt nouveau, plus dépouillée que les oeuvres antérieures, et proche du style Art déco. Cet immeuble remporta dailleurs le concours de Façades de la Ville de Paris, et peut être considéré comme le chef-doeuvre de la dernière période créatrice de Guimard. La façade est en brique et pierre de taille et comprend trois travées symétriques organisées autour dun bow-window central en pierre de taille. Guimard abandonne définitivement lornementation Art nouveau pour un style plus épuré, proposant ainsi une vision très personnelle de lArt déco. À lintérieur, il réussit à recréer un exceptionnel mur de pavés de verre séparant les deux escaliers comme au Castel Béranger. Propriétaire de limmeuble, larchitecte y possédait un appartement qui fut son dernier lieu dhabitation en France avant son départ définitif pour les États-Unis en 1938, fuyant la montée du nazisme, avec son épouse, lartiste peintre Adeline Oppenheim.

Larchitecte possédait également des terrains dans cette rue, sur lesquels on construisit par exemple limmeuble dangle avec le 13, rue René-Bazin, dont tous les garde-corps ont été dessinés et conçus par Hector Guimard.

Le collège Montmorency, propriété de M. Perrier, construit de 1928 à 1930 par les architectes cubistes Pol Abraham et Paul Sinoir larchitecte du jardin Majorelle à Marrakech se situait au n o 15. Ce collège, conçu pour recevoir des jeunes étudiantes américaines, comportait des bureaux, quatre salles de cours, un salon-bibliothèque-théâtre en saillie au deuxième étage, dix-huit chambres, une infirmerie, un laboratoire et des pièces pour le personnel. La façade laissant apparent le béton armé, labsence de tout ornement, la rigidité des formes renvoyant aux fonctions font de cette réalisation un manifeste moderniste. Le bâtiment, dépouillé, possède une force étonnante par lagencement de ses volumes, rare exemple darchitecture cubiste conservé à Paris.

Les dix maisons situées entre les n os 17 et 37 constituent un ensemble remarquable dhomogénéité, dans un style londonien rare à Paris. Leur arrière donne directement sur la maison La Roche construite par Le Corbusier.

Au n o 23 habita notamment lécrivain François Nourissier, président de lAcadémie Goncourt de 1996 à 2002.

Les immeubles caractéristiques des n os 24 et 26 font partie dun ensemble en brique et pierre entouré de jardins filants, commun avec le 49, rue du Docteur-Blanche et le 12, rue René-Bazin, ensemble qui fut édifié en 1925 par larchitecte Jean Boucher.