ⓘ Rue de lHermitage (Nantes)

                                     

ⓘ Rue de lHermitage (Nantes)

Bitumée et ouverte à la circulation automobile, cette voie pentue relie le quai Ernest-Renaud et aboutit en impasse aux abords de lancienne carrière de Misery quelle surplombe. Sur son tracé, elle rencontre les rues Chevalier-Thiercelin et Alexis-Grassin, le square Commodore-Guiné, lesplanade Jean-Bruneau, les rues Julienne-David, Jean-de-Crabosse et de Miséry, longe le côté sud-est de la place des Garennes et enfin la rue Lehuédé.

Au niveau de la place des Garennes débouche l "escalier Sainte-Anne" qui permet de rejoindre le quai Marquis-dAiguillon situé en contrebas de la rue. Une statue de sainte Anne, située au sommet de lescalier, regarde vers la Loire, tournant ainsi le dos à la rue et à la place.

                                     

1. Histoire

Le mardi 2 novembre 1529, un moine franciscain du nom de Gilles Bellyan est autorisé par le seigneur de la Hautière à sinstaller en ermite à la pointe de Miséry à lextrémité ouest de lartère à lemplacement de lactuel "Manoir de lHermitage".

En 1614, lhermitage est remplacé par un monastère doté dune chapelle qui est confié à lun des ordres de la Famille franciscaine, les frères mineurs capucins appelé ici "petits capucins" pour ne pas le confondre avec le couvent des grands capucins installés dans le centre de Nantes, rue Neuve-des-Capucins. La place des capucins qui exista à cet endroit marqua leur présence à cet endroit. Trois après louverture de ce monastère, on y érige une croix rouge dotée des armes de la ville de Nantes afin de marquer la fin dune épidémie de peste.

En 1630, on construit un hospice. Les Capucins y sont peu nombreux et leurs effectifs baissent régulièrement en lespace de quelques décennies: de 12 en 1729, ils ne sont plus que 7 en 1790, si bien que leur monastère est évacué lannée suivante et vendu en 1793.

Le samedi 3 septembre 1661, le roi Louis XIV, en voyage à Nantes, vient visiter lErmitage. Afin de faciliter le franchissement du marécage situé entre le quai de la Fosse et le bas de lHermitage par le souverain et sa suite, on doit aménager un pont de bois édifié à laide de 108 planches et jeté au pied du rocher. Ainsi le monarque arriva au sommet du coteau en ayant emprunté non pas la rue, mais la fameuse rampe du coteau de l’Hermitage. Sur ce coteau, à part des vignes, n’existaient alors que quelques maisons de pêcheurs et quelques moulins. Les habitants se plaignaient régulièrement de limpraticabilité de la voie surtout au moment des fortes pluies. Ange Guépin précise "quon ny accédait quen faisant de longs détours, à travers un terrain marécageux".

En 1782, Jean-Baptiste Ceineray, architecte-voyer de la ville, redessine ce chemin non carrossable, pour le rendre moins pentu. Néanmoins, en 1787, la seule voie charretière du quartier demeure le "Chemin des Poules", ancien "Chemin de Coueron", devenu de nos jours la rue de la Bourdonnais.

La construction de la ligne de chemin de fer entre Nantes et Saint-Nazaire entraîne la disparition, par un décret du 20 novembre 1858, des passages et ruelles se trouvant sur le côté droit de la rue dans le sens de la montée. Ces venelles très pentues ou dotées descaliers aux marches inégales permettaient grâce à une succession de cours de rejoindre la rue du Roi-Baco. Les premières démolitions débutent dans les années 1880, tout comme les maisons se trouvant le côté gauche de la chaussée.

Larrivée du chemin de fer, en 1857, provoque également la disparition de loratoire fondé par le frère Bellyan 327 années auparavant.

La disparition des ruelles insalubres de lHermitage laisse la place à lune des plus anciennes cités HLM de la ville, conçue par les architectes Gérard Guénault et Gabriel Guchet. Constitués de six immeubles identiques, ceux-ci offraient aux habitants situés en tête de chacun des bâtiments une vue imprenable sur la Loire et la ville. La cité proposait deux types de logement: "ordinaires" et "améliorés". La 1 re tranche de 100 logements ordinaires fut livrée le février 1938, tandis que les 112 logements améliorés sont terminés en 1939. Trois de ces constructions furent touchées par le bombardement du 13 septembre 1943 durant la Seconde Guerre mondiale, alors que les terrasses des bâtiments B et D accueillirent deux détachements de mitrailleurs de larmée allemande. Reconstruits, ces immeubles furent de nouveau habitables en 1953. A lautomne 2018, des travaux de réfection de la rue sont entrepris impliquant notamment lélargissement des trottoirs.

                                     

2.1. Architecture et bâtiments remarquables Manoir de lHermitage

Le manoir de lHermitage, bâtiment construit en 1861, à lemplacement de lhermitage qui donna son nom à la rue et qui fut lui-même remplacé par le couvent rasé en 1857. Cette habitation, parfois nommée "maison du colonel" dans certains textes sans précisions supplémentaires, est acheté par la ville de Nantes en 1985. La municipalité la loue alors à lUnion Compagnonnique du Tour de France des Devoirs Unis qui y installe un centre de démonstration avant de déménager au manoir de la Hautière en juillet 2005. La ville vend donc le manoir en 2014 pour la somme 495 000 euros à Jean-Yves Guého, patron de "LAtlantide", un restaurant situé non loin de là dans les locaux de la Chambre de commerce et dindustrie de Nantes et de Saint-Nazaire, quai Ernest-Renaud. Le restaurateur souhaite y faire transférer son établissement afin de lui offrir un cadre plus avantageux. Après dimportants travaux de réhabilitation et dagrandissement menés sous la vigilance de larchitecte des bâtiments de France, le nouveau restaurant doté également de quatre chambres dhôtes ouvre ses portes le 12 novembre 2015 sous le nom de "LAtlantide 1874". Un belvédère ouvert au public doit aussi y être aménagé.

                                     

2.2. Architecture et bâtiments remarquables Musée Jules-Verne

Au n o 3 de la rue, au sommet de l "Escalier Sainte-Anne", une maison bourgeoise est construite, entre 1872 et 1878, daprès les plans de larchitecte Ernest-Marie Buron. Acquise en deux temps par la ville de Nantes, en 1965 et 1973, elle accueille, depuis le 8 avril 1978, le musée Jules-Verne consacré au célèbre écrivain.

                                     

2.3. Architecture et bâtiments remarquables Escalier et statue Sainte-Anne

Lescalier Sainte-Anne est réalisé à partir de 1850 pour relier le quartier de lHermitage au quai Marquis-dAiguillon. En 1851, la statue Sainte-Anne est dressée en haut des marches.

                                     

3. Voies secondaires

Hormis lesplanade Jean-Bruneau située sur le côté sud de la rue, toutes les voies citées ci-dessous se trouvent sur le côté nord et sont bitumées et ouvertes à la circulation automobile depuis le rue du Roi-Baco, mais restent cependant accessibles depuis la rue de lHermitage se trouvant en contrebas, grâce à des escaliers. Parmi elles, les cinq premières artères citées ont été aménagées lors de la construction de la "Cité de lHermitage" à la fin des années 1930 et rendent hommage à cinq corsaires nantais.

                                     

3.1. Voies secondaires Rue Chevalier-Thiercelin

Localisation: 47° 12′ 12″ N, 1° 34′ 34″ O

Né en 1768, mort en 1861, le sieur Chevalier-Thiercelin se livra dabord à la traite des esclaves avant de devenir corsaire. Il arma alors un bateau quil baptisa "Le Tiercelet", nom dun oiseau de proie. Plus tard, il acquiert le château de la Droitière à Mauves-sur-Loire dans lequel il se retira.



                                     

3.2. Voies secondaires Rue Alexis-Grassin

Localisation: 47° 12′ 11″ N, 1° 34′ 35″ O

Le capitaine Grassin, à la tête du "Général-Ernouf", débarrassa les côtes antillaises de la menace que faisait peser la corvette anglaise la "Barbara" en 1807. Ce fait darmes, ajouté à bien dautres, valut à Grassin la croix de la Légion dhonneur le 11 mai 1808. Alexis Grassin mourut le 24 juin 1823.

                                     

3.3. Voies secondaires Rue Julienne-David

Localisation: 47° 12′ 10″ N, 1° 34′ 37″ O

Julienne David, née à Saint-Mars-du-Désert en 1793 et morte à Nantes en 1843, est une femme corsaire française.

                                     

3.4. Voies secondaires Rue Jean-de-Crabosse

Localisation: 47° 12′ 09″ N, 1° 34′ 38″ O

Né en 1659, mort en 1703. Il fit la chasse aux navires anglais.

                                     

3.5. Voies secondaires Rue de Miséry

Localisation: 47° 12′ 09″ N, 1° 34′ 39″ O

Son nom fait référence à lancienne carrière de Misery située au pied de la butte Sainte-Anne, quai Marquis-dAiguillon. Sur sa partie sud la rue, qui se présente sous la forme dun escalier, longe le square Marcel-Moisan, dans lequel se trouve le planétarium de Nantes. La voie rencontre la rue des Acadiens.